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debout - upright -rechtop- Ndemye. Bruxelles

Chaque année, le 7 avril, le monde commémore les victimes du génocide des Tutsi au Rwanda de 1994. Pour les survivants de ce génocide, la période de commémoration s’étend sur environ trois mois durant lesquels ils se souviennent de l’extermination des leurs jour après jour, région par région jusqu’au debut de juillet. A l'occasion de sa vingt-cinquième commémoration, ce génocide continue à nous interroger. Comment comprendre ce qui s'est passé ? Le temps a-t-il apaisé la douleur ? Qu’en est-il du « Plus jamais ça » ?

Depuis la fin du génocide, l’art accompagne le processus mémoriel ; qu’il soit cathartique, faisant écho à nos émotions, ou qu’il tente de mettre les mots sur l’indicible et de le représenter. L’art se veut réparateur et tente de soigner les blessures. Poussant à la réflexion et à la remise en question de l’état des choses, l’art milite aussi pour la justice indispensable. Depuis vingt-cinq ans l’art a été omniprésent, dans les chants des survivants qui se souviennent et qui apprivoisent un deuil difficile, dans la littérature, au théâtre, dans les salles de cinémas, à travers le dessin ou couché sur les toiles des peintres. Des liens historiques lient la Belgique au Rwanda et particulièrement à l’histoire du génocide; aussi les artistes belges ont répondu à l’appel de poser des actes de réparateurs après le génocide au Rwanda. Le film documentaire de Luc de Heusch, "Une république devenue folle" produit en 1995 a été l’une des premières œuvres réalisées et constitue un repère anthropologique et historique indéniable sur le sujet. "Rwanda 94. Une réparation symbolique envers les morts à l’usage des vivants" du collectif d’artistes, le Groupov, ou les bandes dessinées de Jean-Philippe Stassen, entre autres œuvres, s’inscrivent dans ce travail de mémoire et de transmission. A travers la peinture murale Debout, Bruce Clarke et Muyira-Arts et Mémoire participent à ce mouvement.

Debout.Be

Debout. Be est un projet d’art mural initié par l'asbl Muyira- Arts et Mémoire sur base du concept des Hommes debout de l’artiste plasticien Bruce Clarke. Réalisé dans le cadre de l’appel à projets d’Africalia ayant pour finalité de susciter une réflexion sur l’Education à la Citoyenneté Mondiale et Solidaire (ECMS) appliquée au secteur des arts et de la culture ; le projet consiste à peindre de manière durable sur une façade bruxelloise une figure d’homme, de femme ou d’enfant debout. L’œuvre réalisée dans le courant du mois de mars 2019 est maintenant visible au croisement de la rue de l’Ommegang et de la rue du Meiboom en face du parking Passage 44 à 1000 Bruxelles. Intitulée Debout - Upright en anglais, la peinture murale réalisée par Bruce Clarke est intégrée par le Parcours Street art de la Ville de Bruxelles. Vingt-cinq ans après le génocide des Tutsi au Rwanda, ce travail vise à perpétuer la mémoire des victimes et à rendre hommage à ceux qui, face à la persécution, sont restés debout. L’art mural a l’avantage d’être  accessible à tous. L’œuvre a vocation de produire des interrogations chez le spectateur. Cette capacité étonnante qu’a l’œuvre d’art de questionner le spectateur est peut-être le meilleur remède contre l’amnésie. Partager l’histoire incarnée par cette œuvre avec les habitants et les visiteurs de Bruxelles est autant un acte de transmission de la mémoire qu’une démarche de prévention. 

En partenariat avec le Parcours Street Art de la Ville de Bruxelles et le Logement Bruxellois. Avec le soutien d'Africalia et de la Promotion de Bruxelles à la Fédération Wallonie- Bruxelles. Remerciements particuliers aux peintures Tollens. 

Les Hommes debout, un concept

Les Hommes debout  est un projet d’art contemporain conçu par le plasticien Bruce Clarke en mémoire des victimes du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Il entend peindre sur les lieux de la mémoire et ailleurs les figures hommes, femmes ou enfants plus grandes que nature  – jusqu’à 10 mètres de hauteur.  Ces figures apparaitront aux passants telles des images silencieuses mais incarnées, des silhouettes esquissées mais affirmées, des personnages anonymes mais familiers, symboles de la dignité des êtres humains confrontées à la déshumanisation qu’implique le génocide. L’intention de l'artiste est de redonner une présence aux disparus et de restaurer l’individualité des victimes.

Bruce Clarke

Bruce Clarke voit le jour à Londres en 1959. Ses parents ayant vécu en Afrique du Sud, il a, dès son plus jeune âge, un attachement à ce pays et plus largement à ce continent. Après des études aux Beaux-Arts de l’université de Leeds en Grande-Bretagne, il déménage à Paris.Son travail plastique traite de l'histoire contemporaine, de l'écriture et de la transmission de cette histoire. Il souhaite que sa peinture stimule une réflexion sur le monde contemporain et la représentation qu'on s’en fait. Fortement engagé politiquement, il intègre son combat dans sa recherche plastique. Artiste aux multiples talents, Bruce Clarke est plasticien mais aussi photographe. Son art traite des thèmes de l’esclavagisme, du colonialisme et de la mondialisation. Il voit dans l'art un moyen privilégié de s'exprimer et d'informer, de porter un regard sur le monde qui nous entoure.

Il se place en dehors d'un art complaisant et décoratif, car pour lui, il ne suffit pas simplement de se faire une place dans la société, il faut également s'efforcer de peser sur le cours de l'histoire.

Bruce devient dès son arrivée à Paris à la fin des années 1980 l’un des principaux acteurs de la mobilisation de l’opinion publique française contre le régime de séparation raciale en Afrique du Sud et devient une figure importante du mouvement anti Apartheid. Il effectua un reportage photographique quelques semaines après le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, au moment où Nelson Mandela accède au pouvoir en Afrique du Sud. Plus tard, il entreprend dès les années 2000, sur le site d’un massacre proche de Kigali, « Le Jardin de la Mémoire». Son travail est souvent exposé en galerie en Europe et il a participé à de nombreuses expositions et biennales en Afrique et ailleurs dans le monde. 

Making of Debout à Bruxelles
Inauguration